22.02.2012
La tombe d'une chienne profanée pour voler ses bijoux
Mieux vaut apparemment reposer pour l’éternité dans une vulgaire chemise de nuit que richement paré. Et encore… Peut-être existe-t-il des voleurs de liquettes. On ne sait jusqu’où va le désir de s’approprier ce qui ne vous appartient pas. Quand il s’agit du dernier sommeil, il s’agit sans doute d’un rappel à la modestie. Nous sommes venus nus au monde. Ainsi devons-nous le quitter…
L’orgueil n’est pas fait pour les chiens non plus. Il y a quelques années, une riche Américaine (les deux mots restent encore associés, même si tous les Américains ne sont pas fortunés) faisait ainsi enterrer son caniche noir au cimetière spécialisé d’Asnières-sur-Seine, près de Paris. Tipsy ne partait pas sans rien pour le paradis canin. Elle avait autour du cou un collier de diamants, d’une valeur de 9000 euros. Ce n’est pas la grande rivière de Cartier ou Van Cleef et Arpels, mais c’est tout de même déjà pas mal.
La chose s’est vite sue. Autant dire que, depuis 2003, le bijou faisait fantasmer les habitants de la commune française. Il avait même pris des proportions mythiques. La parure avait tout pour ça. Associez à la mort la fortune et la futilité. Vous obtiendrez un cocktail explosif. Pas étonnant donc que la rumeur ait voulu que la tombe du toutou ait été récemment profanée. Le bruit est devenu si insistant que la police a fini par s’en mêler. Chacun sait qu’elle dispose d’un temps libre infini…
La concession a donc été explorée. On a tiré Tipsy de son cercueil, un peu comme on exhume une star du showbiz’pour une prise d’ADN. Eh bien la rumeur avait pour une fois un fondement! Le collier de brillants avait disparu. Et même mieux, il avait été «récemment arraché». Pour les besoins de l’enquête, le cimetière s’est vu fermer quelques jours. De quoi bouleverser la vie de ses visiteurs. On sait qu’une tombe de chien est plus fréquentée que celle d’un autre membre de la famille.
A l’heure où je vous parle, on en reste là. L’affaire suit son cours. L’histoire ne dit pas si l’Américaine en a fait une syncope. Elle ne précise d’ailleurs pas si elle est encore vivante, ou si Tipsy et sa maman font depuis un certain temps cimetières séparés. Asnières-sur-Seine n’admet pas encore les propriétaires de chiens (ou de chats). Afin de rester ensemble, mieux vaut discrètement mêler ses cendres. Ainsi en va-t-il, à, Venise, où Peggy Guggenheim s’est fait ensevelir avec ses pékinois. «My beloved babies», est-il écrit sur une plaque.
Après tout, pourquoi pas? «A mon mari adoré», écrit sur la banderole d’une gerbe mortuaire est souvent plus hypocrite.
21:55 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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