04/08/2012

Les piranhas sont arrivés à Paris

Vous savez ce qu’est une légende urbaine. Il s’agit d’un bruit. D’une rumeur. Il se passerait des choses terribles que l’on veut nous cacher. Notre bonne ville serait pleine de secrets immondes. Tantôt des jeunes filles disparaissent, comme dans un vieux film sur la traite des blanches. Tantôt des bêtes prolifèrent sous nos pieds. Il y aurait ainsi un rat par habitant, ce que démentent des recherches isolées, mais récentes. On compterait en fait souvent les mêmes.


 

Une légende tenace veut ainsi que les égouts des villes américaines regorgent de crocodiles. Si ces animaux ont disparu du Nil, ils se retrouveraient ainsi sous New York ou sous Los Angeles. Des gens auraient jeté à l’eau (notamment celle des cabinets) les mini-alligators dont ils se seraient lassés. Et ceux-ci, à l’ombre, ne demanderaient qu’à grandir au point de devenir géants. Quand on fantasme, les choses augmentent très vite de taille.

 

Ce qu’il y a en revanche de certain, c’est que le piranha vient de faire son apparition dans les eaux parisiennes. William Fichard, 29 ans, est un habitué de la pêche à la ligne, le long du canal Saint-Martin. Il laisse ainsi traîner son fil dans le Xe arrondissement. Or, l’autre jour, c’est une drôle de bête qui s’est fichée à son hameçon. Pas de doute! Il s’agissait bien d’un piranha.

 

«Il avait l’air fatigué», a expliqué à la presse le pêcheur. «Perdu.» L’animal avait cependant encore assez d’énergie pour couper avec ses dents le filet de l’épuisette. Signe qu’il n’était pas vraiment épuisé. «On a fait une photo en souvenir. Puis, comme on ne savait pas trop qu’en faire, on a remis le poisson à l’eau.» Quelle idée! Des fois que l’animal arriverait encore à se multiplier…

 

Comment le piranha a-t-il pu se retrouver en France? On l’imagine plutôt barbotant en Amazonie. «C’est probablement un particulier qui a vidé son aquarium dans le canal», suppose Raphaël Neusy, biologiste spécialisé dans la faune aquatique. Le piranha a sans doute été importé illégalement, puis il a cessé de plaire. «Il ne devrait pas faire de vieux os à Paris», poursuit le scientifique. «Il lui faut une eau plus chaude et moins acide. Il y a donc peu de chances de reproduction.»

 

Nous voilà rassurés. A moitié. Et s’il n’était pas seul, l’animal? Et si tout cela nous cachait des choses? J’imagine déjà tout ce qu’une Fred Vargas pourrait tirer d’un tel point de départ. Et je frémis en pensant à ce qui serait son point d’arrivée…

09:49 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

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