06/08/2012

Bureaux de luxe à Londres. Rien là que de normal!

Tout réside dans l’apparence, la surface, le décor. Nous vivons dans la civilisation de l’emballage. Notez qu’il ne s’agit guère là d’une nouveauté. Depuis la nuit des temps, tout tient dans la manière de se présenter. Il s’agit de faire «bella figura», comme disent nos amis italiens.


 

La nouvelle du jour, enfin l’une des rares à ne pas se présenter sous forme de vidéo débile, du type «Ce chat déballe sa plaque de chocolat tout seul», consiste ainsi dans la présentation des nouveaux locaux londoniens de Google. Comme ceux de Facebook et d’Apple, ils misent tout sur une décoration qualifiée un peu vite d’«excentrique». Il s’agissait d’être «friendly» et «cool». On voit qu’on a ici réuni les deux adjectifs les plus passe-partout d’une planète devenue anglophone. C’est quoi, au juste être «cool»?

 

Je vous rassure tout de suite. Il n’y a rien là de vraiment extravagant. Un coin détente, une buvette, des bureaux high-tech, le tout un peu coloré, tout cela ne marche pas sur les brisées de certains aménagements conçus par des décorateurs mégalomanes, du type Alberto Pinto ou Juan Pablo Molyneux, pour des milliardaires épris de grandes surfaces. Bon, d’accord! Il y a aussi une salle de gymnastique. Mais n’oublions pas que nous vivons désormais dans un univers où la forme physique fait partie du moral.

 

Tout cela a coûté fort cher, nous signale la dépêche, admirative. Disons qu’on compte ici en centaines de milliers de livres et même en millions. A Londres, rien n’est donné. Mais on peut se demander à combien se monte le loyer mensuel. Google n’occupe pas moins de 15 000 mètres carrés dans une ville, où certains se ruinent pour pouvoir en loger dans vingt. Une nouvelle avait même créé la sensation, il y a quelques années, en annonçant un énorme prix pour un appartement rénové de… quatre mètres carrés.

 

Et puis la déco, ici, fait modeste si on le compare au prix du bâtiment. Nous sommes dans le Renzo Piano Building de Londres. Il a coûté si cher qu’on a fini par lui accorder le nom de l’architecte. Londres se garnit de tours de plus en plus folles, alors que nous restons théoriquement en crise. Vous me direz qu’il faut bien combattre la morosité ambiante. Mais à ce rythme-là, on calcule vite en centaines de millions, voire en milliards. Des prix véritablement olympiques.

 

Alors vous comprenez, quelques fauteuils en couleurs et un drapeau britannique reproduit en grand sur un mur, cela fait «petiolet» à côté de tout ça.

08:37 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

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