07/08/2012

On a perdu un Stradivarius en gare de Berne

Tout se perd, même la vie. Tout se retrouve-t-il, sauf évidemment cette dernière? Je me permets d’en douter. Je m’appuierai sur l’exemple des parapluies et des stylos. Il m’arrive souvent d’égarer et les uns comme les autres. Eh bien, je n’en trouve jamais. Ou alors, ils sont hors d’usage. Peut-être ne sais-je pas chercher à la bonne place…


 

Tout se perd donc, et parfois des choses rares et évidentes. Le plasticien Christian Boltanski a ainsi pu une fois proposer au Louvre une installation faite d’objets abandonnés dans les salles par les visiteurs. On se demandait comment autant de gens avaient pu ressortir sans leur manteau et comment ils avaient pu introduire dans le musée de véritables valises. Encore s’agissait-il là d’objets d’un prix moyen.

 

Un voyageur étranger, lui, a fait nettement mieux en arrivant à la gare de Berne. Il a négligé de retirer du casier à bagages son violon en descendant du train. Il y a violon et violon, bien sûr. Mais il s’agissait ici d’un Stradivarius. Les produits des luthiers de Crémone restent mythiques. Je vous signale à tout hasard que l’an dernier un de ces instruments s’est vendu 14 millions de francs l’an dernier à Londres. On joue apparemment mieux quand on a payé cher.

 

Que faire? Notre homme a réalisé qu’il lui manquait quelque chose à la main droite, alors qu’il était encore sur le quai, contrairement à son wagon. «Mon Stradivarius!» Il a vu des policiers qui passaient par là. Il s’est expliqué. Ceux-ci ont téléphoné au chef de train. Ce dernier a ainsi été fouillé, mais en vain. Le violon s’était fait la malle.

 

On est consciencieux en Suisse (du moins parfois). La police a donc visionné les bandes vidéo. Des fois que… Eh oui! Un autre voyageur est bien parti avec l’étui sous le bras. Le violon devait donc se trouver dedans. Un appel a été lancé. Et le miracle s’est produit. Le violon avait bel et bien été déposé aux objets trouvés. L’histoire ne doit pas si le dépôt a été immédiat et spontané ou s’il a été fait après l’appel. N’oublions pas que l’homme (ou la femme) avait été filmé.

 

Tout est donc bien qui finit bien. La musique adoucit donc les mœurs. L’histoire, qui s’est produite le 20 juillet, a fini par sortir sur un site belge. Je viens donc de vous raconter non pas la dernière histoire belge, mais une histoire belgo-suisse. Et comme nous sommes à Berne, ville un peu bilingue, nous voici aux marches de la francophonie.

 

Dans le même ordre d’idée, je connais (l’histoire est véridique) l’histoire d’un marchand d’art ayant oublié un Turner dans le métro londonien. Croyez-moi ou non. Le tableau également été retrouvé.

08:31 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

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