10/08/2012
Une secte inconnue vivait dans un bunker russe
La police fait parfois d’étranges découvertes. Souvent très tard, hélas. C’est à se demander comment certaines choses, et certaines gens, n’ont pas été remarquées plutôt. Il faut dire que les agents ont aujourd’hui beaucoup à faire et que bien des voisins préfèrent fermer leurs yeux que de les ouvrir aux autres. Un voisin, dans la comédie au moins, c’est pourtant curieux…
Nous voici cette fois en Russie. A Kazan, pour se montrer précis. Autant dire à plus de 700 kilomètres de Moscou. La police vient de découvrir un bunker, apparemment peu visible. Ce dernier restait loin d’être vide. Vivaient dedans 70 personnes, sur huit étages. Un véritable immeuble à l’envers. Ces habitants se terraient là depuis dix ans, ce qui semble beaucoup. Ils n’avaient pas vraiment peur. Ils s’étaient retirés du monde.
A leur tête se trouvait comme il se doit un chef charismatique. Un illuminé, bien sûr. Un cinglé a toujours davantage de pouvoir de persuasion que les autres humains, Tous étaient donc disciples de Fayzahman Satarov, aujourd’hui âgé de 83 ans. Le vieux monsieur était responsable sunnite dans les années 1970. Puis il avait lentement dérivé. Il n’en était pas arrivé au Temple solaire, avec coup de soleil cérébral. Mais l’homme croyait avoir fondé, avec son bunker un Etat islamique indépendant. Dieu est ma citadelle, dirait-on en milieu protestant.
Au fil du temps, la petite communauté avait pris de l’extension. Plusieurs enfants y avaient vu le jour. Un mot sans doute malheureux. Ces enfants n’avaient précisément jamais vu le jour. «Ils étaient nourris, mais sales», ont déclaré les autorités en découvrant cette sale histoire. D’une manière générale, selon la doctoresse Tatyana Moroz, les «pensionnaires» du bunker se portaient d’ailleurs plutôt bien. Ils mangeaient la nourriture que certains membres allaient récupérer discrètement sur les marchés locaux. Eux seuls avaient le droit de quitter le navire.
Les vingt enfants, âgés d’entre 18 mois et 17 ans, ont bien sûr quitté cette prison de 700 mètres carrés. Ils iront dans un orphelinat, ce qui n’a rien de rassurant quand on voit certains reportages sur la Russie. Et les adultes? Alors que le procureur local souhaite dissoudre la secte, ce qui ne semble pas une mauvaise idée, les membres adultes se refusent à abandonner leur «foyer». «Il faudra passer sur nos corps pour détruire nos chambres et liquider notre communauté», a déclaré l’un deux. On connaît la chanson.
Cela dit, au fait, pourquoi ne pas passer sur leurs corps? Comme cela, au moins, tout le monde sera content.
08:25 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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