11/08/2012

Défilé en bikini dans un avion vietnamien. On aura tout vu.

On aura tout vu. Tout entendu. Et évidemment tout subi. Nous voici cette fois au Vietnam. Enfin, pas exactement. Nous volons en fait au-dessus du Vietnam, dans un avion de ligne de VietJetair, une compagnie dont on ne parle au moins pas pour ses problèmes financiers. VietjetAir dorlote ses passagers. Si on veut revoir aujourd’hui ses clients, mieux vaut se montrer gentils.


 

L’autre jour, les responsables de la ligne allant de Ho Chi-Minh Ville (ex-Saïgon) à Nhra Trang ont suscité la une surprise. Ils ont offert un défilé de maillots de bains. Enfin, le haut était celui du bikini. Le bas restait un sarong, aux couleurs de la compagnie. Il fallait bien que la chose garde un sens. Souriantes, contrairement aux mannequins occidentaux qui hantent les podiums en tirant la gueule, les hôtesses dansaient entre les sièges. Difficiles de les distinguer l’un de l’autre. C’est fou ce que les filles (et souvent les garçons) peuvent avoir de nos jours tendance à se ressembler.

 

Les passagers, avant tout des hommes, semblaient ravis. Ils ont tiré en même temps leur Smartphone pour immortaliser la scène. Immortaliser constitue sans doute un grand mot. Au temps du tirage papier, on disait déjà qu’une photo était regardée 1,7 fois en moyenne. Imaginez ce que cela doit être en 2012. Aussitôt pris, aussitôt effacé. Inutile de dire que la scène, comme d’innombrables autres futilités du genre, se retrouve sur YouTube et sur Facebook.

 

L’Administration de l’aviation civile du Vietnam a peu apprécié. La compagnie a été condamnée à  une amende de 1000 dollars pour «spectacle non autorisé». VietJet jure pourtant ses grands dieux asiatiques de n’avoir violé aucune règle (ni aucune hôtesse). «Les filles n’étaient qu’une façon de rendre nous passagers heureux et d’améliorer notre service clientèle.» Il faudra faire passer le message à notre très helvétique et très guindée compagnie Swiss.

 

Le plus étonnant de la nouvelle, lue sur Gentside, c’est qu’elle ne provoque aucun commentaire. Pensez pourtant qu’il y a une quarantaine d’années, alors que s’effondrait le Sud-Vietnam soutenu par les Américains, s’installait ici un régime pour le moins puritain. Il s’agissait d’effacer toutes les traces, que dis-je tous les miasmes de la décadence occidentale. On était à la fin du maoïsme virulent, un peu haut sur la carte.

 

Et que voit-on aujourd’hui? Une vingtaine d’années après sa réouverture, le Vietnam part comme une fusée dans les déviances jadis honnies. C’est le sexe et le fric. Est-ce que cela valait la peine de verser autant de sang chez les uns et autant de napalm chez les autres pour en arriver là?

09:39 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

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