21/08/2012

C'est bien moi? Un bus new-yorkais fait des tests de paternité

Un bus d’un nouveau genre a en ce moment le ticket à New York. Il ne s’agit pas d’une nouvelle ligne. Ce véhicule ne risque d’ailleurs guère de se faire des habitués. Le réseau de la «Big Apple» est pourtant mieux géré sans doute que celui de nos trams et autobus genevois par la conseillère d’Etat préposée à cette tâche. Il faut toujours que nous nous distinguions.


 

Garé au hasard des rues, ce qui rend sa détection difficile, ce gros car est décoré. Il a pris l’allure d’une rue fictive nommée «Health Street», soit «rue de la santé». Ce centre de consultation roulant propose divers services anodins. On peut y dépister notamment la présence de drogue(s) dans l’organisme. Une chose d’une banalité désespérante de nos jours.

 

Sa spécialité se révèle cependant autre. Le reste joue les couvertures. «Health Street» propose avant tout des tests de paternité. Papa y va avec fifille, ou fiston, ou les deux. On leur pratique une petite ponction. Et hop! C’est parti pour les tests d’ADN. Un scientifique fait pour vous le jeu de construction. Les pièces s’emboîtent-elles ou non? Le résultat se voit envoyé par courrier. «Sous pli discret», comme on aurait dit jadis pour les revues érotiques. Mais le client peut aussi revenir les lire dans le bus deux semaines plus tard. Je suppose que le personnel doit dire où il se trouvera à ce moment-là. Le service se voit facturé entre 250 et 450 euros. Pourquoi une fourchette aussi large? Je ne sais pas.

 

Les promoteurs de la chose se disent satisfaits. Pour le conducteur de l’engin, Jared Rosenthal: «L’endroit est intime et calme. Les pères se sentent moins intimidés. Ils osent plus facilement venir.» Moi je veux bien. N’empêche que le bus devient le cadre de drames humains épouvantables. Car vous vous en doutez bien. Toutes les surprises ne sont pas bonnes. Jared livre ainsi quelques anecdotes pas piquées des hannetons. Un père est ainsi arrivé avec l’image de son petit tatouée sur le corps. Il a appris ensuite la mauvaise nouvelle. Rejet de l’enfant. Divorce. Et effacement au laser, sans doute.

 

Jared préfère mettre en avant les contes de fées sociaux. Les miracles. Les retrouvailles. On n’en finit pas moins par se demander si la découverte de l’ADN constitue vraiment une si bonne chose. Les Latins, qui disaient «Mater certa, pater semper incertus», soit «si la mère est sûre, le père reste toujours incertain», avaient peut-être raison. Avec le genre de test, la part animale de l’homme reprend le dessus. Le mâle veut planter sa petite graine. Son prolongement. Et basta! C’est à se demander si les enfants, finalement, on ne devrait pas tous les adopter…

08:37 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.