24/08/2012

Alerte à la mallette bourrée de pognon

On a souvent la tête en l’air. Notez que vieux qu’elle se trouve là. Une tête par terre constitue généralement un signe de mauvaise santé. On est mort. Franchement mort.


 

Je sais. Il s’agit d’une image. Mais elle s’applique à l’histoire que je vais vous raconter. Nous sommes pour une fois à Paris. Un avion s’est posé à Roissy. Il a pris son temps. Le voyage depuis l’Italie, qui ne se situe pourtant pas à l’autre bout du monde, se voit qualifié d’«harassant» par la dépêche. Le courrier, comme aurait dit jadis, a dû mettre du temps à décoller. Ou alors, le passager a changé de vol quelque part dans la Péninsule. Un exercice que je ne vous conseille pas.

 

Bref. L’homme sort de l’avion. Il passe la douane avec son bagage à main, puis s’engouffre, non sans avoir parcouru des kilomètres de galeries, dans une rame de RER. Il se sent au but. La pression se relâche. Vous savez comment c’est. Dans ces moments-là, on s’adonne vite au sommeil. Notre héros n’éprouve aucun scrupule à la faire. Il a du temps devant lui.

 

Manque de chance! Il se réveille à la seconde précise où le métro s’arrête à sa station. Juste le temps de descendre. Sans le bagage naturellement. Autrement, je n’aurais rien à vous raconter. C’est sur le quai, une fois les portes automatiques fermées, qu’il se rend compte de son oubli.

 

L’ennui, c’est qu’en bon Italien, il avait de l’argent dans sa mallette. Beaucoup d’argent. 27 000 euros, en coupures non précisées. Des moyennes, probablement. Essayez de sortir un billet de 500 euros outre Jura. Vous verrez la tête que fera votre vis-à-vis. C’est déjà beau s’il n’appelle pas la police, qui préfère se livrer à se genre d’exercice plutôt que de prendre un coup de couteau dans un endroit mal famé.

 

L’Italien a donné l’alerte. Il n’aurait pas eu besoin de le faire. L’alarme s’est déclenchée toute seule. Colis abandonné! Des passagers ont signalé la présence d’une mallette suspecte. Les forces de l’ordre sont intervenues en gare de Massy, avec la prudence voulue. Explosera ou explosera pas? Suspense au moment de l’ouverture. Et surprise en découvrant le magot. La dépêche va jusqu’à parler de «somme pharamineuse», alors que l’on compte aujourd’hui en milliards…

 

Il ne restait plus qu’à faire le lien. L’Italien pourra récupérer l’argent, qui lui servira à l’achat des pièces détachées (détachées de quoi, je ne sais pas) qu’il compte ramener chez lui. Enfin, pas tout l’argent… Il aurait dû déclarer la somme à la frontière, même si on peut ici difficilement parler de contrôle des changes. Il y aura amende. Il fait bien que la France se refasse financièrement.

 

Cela dit, je le confesse. Par rapport au Stradivarius récemment oublié dans un train en gare de Berne et au Turner abandonné dans le «tube» londonien, c’est petit, tout ça…

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