29/08/2012

La conférence à 92 euros par seconde sur scène

Prochaine chronique le 4 septembre

Je ne sais pas si l’argent fait le bonheur. Une chose me semble tout de même sûre. Il console. Comme le disait dans les années 1960 l’humoriste Fernand Reynaud (c’est loin…), mieux vaut pleurer dans une Rolls que dans une 2 CV.

 


Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy subissait ainsi une petite défaite. Un aléa de l’existence. Je suppose que vous en avez entendu parler. Il devait quitter l’Elysée pour un logis plus modeste. Notez que l’ex-président possède une épouse à même d’assurer ses arrières. Comme la vertu ou le vice, le malheur possède ses degrés.

 

Or voici que l’homme aurait reçu une agréable proposition. Une nouvelle à prendre avec des pincettes. Ce n’est pas qu’elle brûle, mais elle sort d’un site moyennement fiable. L’offre émanerait de la banque Morgan Stanley. Celle-ci serait prête à débourser 250 000 euros (300 000 francs) pour une conférence de quarante-cinq minutes. «Photo comprise». Je ne vois pas bien à quoi sert cette image. M’est avis qu’on a déjà dû tirer la bobine du bonhomme un certain nombre de fois en cinq ans…

 

Le sujet de l’exposé? Pas de sujet pour l’instant. Il s’agit de s’assurer une présence. N’empêche que de petits jaloux se sont empressés de sortir leur calculette. Ils ont compté que chaque seconde rapportait au petit Nicolas 92 euros. S’il dit «Il faut travailler plus pour gagner plus», ce qui n’est pas très français de caractère, cela vaut 276 euros.

 

Mais d’où sort l’idée? Mais de l’intéressé lui-même! Selon un numéro du «Point», daté de 2008, l’homme aurait déclaré dans une confidence, vite trahie: «Quand je vois les milliards que gagne Clinton, moi je m’en mets plein les poches. Je fais ça pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme lui. Cent cinquante mille dollars la conférence.» Reste qu’avec Clinton, le public venait aussi voir le scandale sexuel. Or Sarkozy n’arrive ici pas à l’orteil de DSK.

 

Il n’en demeure pas moins que la conférence est aux vieux politiciens ce que le théâtre de boulevard représente pour les vieux acteurs. Une fin honorable. Il y a aussi eu Gorbatchev. Maggie Thatcher.  En son temps, Cherie Blair faisait aussi, pour des organisations supposées caritatives, des «speeches» permettant de garnir un bas de laine. Il y a toujours des gens pour écouter ça, ce qui est déjà bien, et pour payer leur écot, ce qui semble encore mieux.

 

Pour nos ex-stars de la politique, en Suisse, ce débouché semble hélas très mince. Le public ne connaît déjà pas toujours leurs noms quand ils sont en fonction. Alors vous pensez! Après…

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