12/09/2012

L'affaire Arnault à la traduction. Con, cul ou couilles?

On ne parle plus que de ça. Enfin, c’est ce qu’on essaie de nous faire croire. La planète médiatique reste en effet la plus frivole qui soit. Et rien ne se montre plus volatile que la conversation humaine. Les nouvelles de ce bas monde éprouvent de la peine à faire le poids face aux commentaires sur le dernier épisode d’une télé-réalité vue la veille.

 


 

Mais enfin, c’est comme ça. Et, vu que la presse s’arroge souvent le droit de parler des médias, le système tourne en boucle. Je vais bien sûr de vous parler aujourd’hui de «l’affaire Bernard Arnault», devenue en quelque sorte la dernière histoire belge. L’homme d’affaires ne parle-t-il pas de changer de nationalité pour échapper à un fisc hollandais (de François Hollande, donc), qui s’annonce vorace? Septante-cinq pour-cent, comme on dit chez nous en bon français…

 

Bref, le quotidien «Libération» a, comme vous le savez, titré sa Une «Casse-toi sale con!», provoquant une pseudo-tempête, où la Justice jouera un rôle. L’intéressé a porté plainte. Il faut dire qu’il s’agit là d’insulte caractérisée. Les humoristes ont souligné, eux, que le journal avait été repris au temps de sa grande débâcle financière par un Rothschild. Donc par un monsieur qui a des moyens et qui, tenez-vous bien, n’est prudemment pas domicilié en France.

 

N’empêche que la chose fait le tour du monde, et que c’est l’effet voulu. Avec un petit problème pourtant. Comment traduire les mots? Prenez l’anglais, langue internationale s’il en existe. Convient-il de dire «Get lost, you rich bastard», comme le New Stateman, ou «Fuck off, you wealthy bastard», à l’instar de The Blaze? Grave question sémantique, voire anatomique. C’est le mot con qui pose en fait problème. Avec le «Get lost, you rich A-hole» du World Crunch, on prend l’envers pour l’endroit.

 

Il y aurait bien un mot qui ferait l’affaire. Il s’agit de «cunt». Seulement voilà. Dans la presse anglo-saxonne, plutôt collet montée même si les tabloïds ne cessent de faire les poubelles, un terme aussi vulgaire et cru reste impensable. Il s’agit là d’un tabou total. Et pourtant… Et pourtant… Ce serait le bon. Le monde est décidément bien compliqué…

 

Les Allemands ont eu aussi joué la carte de la pruderie. On ne peut pas dire que «reicher Idiot» ait quelque chose de compromettant. Les Italiens partaient gagnants. «Coglione» signifie bien couillon, mais dans couillon, il y a couille. Et couille et con vont bien ensemble.

 

Voilà pour aujourd’hui. Et merci au site Slate qui m’a donné «les mots pour le dire», comme aurait déclaré l’écrivain Marie Cardinal. Reste que personne n’a du coup parlé des accointances de «Libération» avec le Parti socialiste. Les deux sont pourtant cul et chemise. Et quand on pense aux culs successifs de Ségolène Royal et de François Hollande, ce n’est pas beau à voir.

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