15/09/2012
Le sein volé de la duchesse de Cambridge
Vous êtes-vous jamais penché sur le sens originel du mot «scandale»? Eh bien, il vient du grec ancien. La chose signifiait alors «achoppement». Les Latins, qui puisaient généreusement chez les autres, ont repris le mot. Ils en ont fait la «petra scandali», autrement dit la pierre d’achoppement. Aucun jugement moral là-dedans. Pour être clair, simple et donc vulgaire, un individu a (ou non) des emmerdements à cause d’un de ses actes.
J’ignore si on cause latin et grec à la cour d’Angleterre (honnêtement, je ne le pense pas). Mais les scandales se multiplient dans ses murs. Il y a quelques jours, le prince Harry se retrouvait photographié nu comme un ver à Las Vegas. Aujourd’hui, ce sont les seins de l’ex-Kate Middleton qui pointent dans «Closer». Les tabloïds britanniques font leurs choix gras de cette affaire, sans avoir encore pu les montrer (les photos et donc les seins). Les images semblent en effet authentiques. La preuve! Elles sont complètement floues.
Mais de quoi s’agit-il? Eh bien d’un reportage sur les vacances du couple princier. William et Kate étaient en Provence, dans le Lubéron. La duchesse de Cambridge a eu l’imprudence (ou l’impudence) d’ôter son maillot au soleil. Et clic! La scène s’est vue immortalisée par un paparazzo, puis vendue aux plus offrants. Preuve, soit dit en passant, que le couple intéresse les foules, même françaises.
Buckingham s’est fâché non pas contre les tourtereaux, mais contre le journal, tandis que Kate et William intentaient une action en Justice. La reine a fait communiquer que cette atteinte à la vie privée était «grotesque et injustifiable». On ne saurait lui donner tort, même si la presse poubelle (c'est-à-dire bientôt l’ensemble de la presse) traque depuis des années les poitrines célèbres en été. C’est à croire que les lecteurs n’avaient jamais vu de seins auparavant.
Si l’affaire pose un problème de société, rappelant les excès ayant entouré feu Lady Di, il est permis de se demander où se situe le problème. Qu’Harry enlève le haut et le bas lors d’une party à Las Vegas ne regarde que lui. Et je me demande qui n’enlève pas par instants son maillot de bains. On n’allait tout de même pas attendre de Kate qu’elle se baigne en combinaison d’homme-grenouille.
Et puis des scandales, la Cour d’Angleterre en a toujours connu. C’est bon pour la santé. Entre les dix maîtresses simultanées de Charles II, au XVIIe siècle, et la fréquentation acharnée par le Roi Edouard VII, des bordels parisiens vers 1900, on a tout de même vu plus gratiné qu’un bout de sein. Personne, ou presque, n’y trouvait pourtant à redire. Il n’y a qu’aujourd’hui que ce genre de chose émeut, au moment même où la télé-réalité pousse les candidats à copuler sous l’œil de la caméra.
Vous avez dit deux poids et deux mesures?
09:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook


Bonjour, Ce blog est édité par Etienne Dumont. Je vous remercie de votre visite et des commentaires que vous rédigerez sous mes billets. Merci de respecter les règles fixées par la Tribune de Genève qui nous héberge: soyez courtois, concis, pertinent et signez votre commentaire! Au plaisir de vous lire. Vous pouvez aussi m'atteindre en cliquant: 


Les commentaires sont fermés.