23/10/2012

La petite phrase misogyne du ministre français de l'agriculture...

Si le présent appartient généralement aux aveugles, l’avenir est sans aucun doute aux muets. Les paroles qui jadis s’envolaient se retrouvent aujourd’hui imprimées, diffusées, analysées et commentées. Notez qu’un clou chasse l’autre, comme le constatait déjà Voltaire. Quels que soient les progrès de la technique, chacun ne peut faire qu’un commentaire à la fois.


 

Le «buzz», comme on dit aujourd’hui en français, touche cette fois le ministre de l’agriculture français Stéphane Le Foll. Bien fol est qui s’y fie (la phrase est cette fois prêtée à François Ier). Le monsieur en question a lâché la petite phrase qui fâche. Du moins pour un jour ou deux. Les observateurs, qui sont cette fois des observatrices, passeront ensuite à autre chose.

 

Que s’est-il donc passé? Eh bien le cher homme défendait hier lundi 22 octobre la promotion des femmes dans son ministère. Une chose qui s’impose aujourd’hui, même si certaines gens n’y croient pas trop. Le malheur du politiquement correct, c’est que la pensée ne coïncide plus jamais (ou presque) avec son expression. Ne vous fiez donc pas trop à ce que vous entendez. On vous le dit pour faire plaisir.

 

Stéphane le Foll s’exprimait sur le site de «L’Express», fief de la défunte Françoise Giroud. Il a dit que qu’il favorisait les femmes, «bien que les dossiers soient très techniques». Tollé! Les lectrices se sont toutes senties techniciennes d’un coup. Et même de pointe. L’intervenant précisait pourtant qu’il avait «pensé au sujet de la parité en constituant son cabinet» Une autre gaffe. Quand on pense à quelque chose, c’est que cette chose n’offre rien de spontané.

 

Bref. La phrase tourne en boucle sur le réseau, accompagnée de critiques acerbes. Les femmes sont des hommes comme les autres. Pourquoi ne comprendraient-elles rien à l’agriculture? L’image de la paysanne laborieuse et courageuse hante pourtant l’imaginaire depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires.

 

Toujours à côté de la plaque, Stéphane Le Foll en rajoutait il est vari une troisième couche, aussi glissante que du verglas sur une route de campagne. Il racontait à «L’Express» comment le premier ministre Jean-Marc Aynault avait invité les membres de son gouvernement à suivre une session de «sensibilisation au sexisme» organisée par Caroline de Haas, l’ex-égérie d’Osez le féminisme. Cette dernière a creusé son trou dans le fromage que constitue le cabinet de la ministre du droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem, qui a en plus les minorités derrière elle.

 

Vous avez dit conviction? La chose tient plutôt de la mise au pas.

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