30/10/2012

Rasez-vous la tête pour soutenir Justin Bieber!

Il faut toujours se méfier des sites Internet. Comme de certains journaux, d’ailleurs. Ce n’est pas parce que les choses se retrouvent écrites noir sur blanc qu’elles sont forcément vraies. Le caractère d’imprimerie n’a jamais servi de moyen de vérification. Mais que voulez-vous? Les gens adorent être crédules. Il s’agit là d’une manière comme d’une autre de rêver… ou de cauchemarder.


 

Nous sommes cette fois dans le monde entier, même si l’affaire se révèle plutôt canadienne. Des plaisantins, que la dépêche appelle gentiment des trolls, ont décidé de se payer la tête de Justin Bieber. Je n’ai pas besoin de vous dire de qui il s’agit. La moitié des parents de la Planète subissent, par préadolescents interposés, ses ravages sonores. C’est le Canada qui a exporté ce phénomène de la chanson. Notez qu’il nous change là des gueulardes lancées internationalement par ses soins à la moyenne d’une tous les deux ans.

 

Les trolls ont donc expliqué que Justin était atteint d’un cancer. A quel endroit? Mystère. Après avoir squatté Twitter, ils ont donc répandu de fausses vidéos sur YouTube. Ces dernières parlaient d’une fuite de dossier médical. Elles donnaient une idée des traitements à venir. Justin devait ainsi subir tout prochainement une chimiothérapie. Entre-temps, de faux tweets de célébrités comme Chris Brown ou Kanye West sont venus soutenir le chanteur dans son épreuve.

 

Pour que l’onde positive soit complète, les petits rigolos de 4chan sont ainsi parvenus à faire passer leur message. Justin allait perdre ses cheveux, dont il a du reste changé la coupe trois fois en un an. Il fallait donc qu’ils se rasent la tête comme des bonzes, en guise de partage. Ce qui a été dit a parfois été aussitôt fait. Que ne ferait-on pas pour un Justin adoré à qui personne ne pensera sans doute plus dans dix ans.

 

Il faut préciser que ces tontes se situent dans la mentalité anglo-saxonne du moment. Toute chimio, ou presque, s’accompagne de ce genre de deuil chez un ou plusieurs proches. Un saint a même été inventé pour l’occasion. A la Saint Baldrick, des rasages collectifs sont organisés en public. Il s’agit ici de combattre globalement le cancer, dans un acte digne des flagellants du Moyen Age.

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, finalement! Au départ protestante (c’est en train de changer avec la prolifération hispanique), l’Amérique du Nord ne disposait ni de la confession, ni de la pénitence. Il lui fallait des substituts laïcs. En voici un tout trouvé, spectaculaire, qui rejoint en plus le goût que les Yankees ont toujours éprouvé pour le collectif et le bien-pensant.

 

Ah! J’oubliais de vous le dire. Justin le bien aimé, pour reprendre le qualificatif donné jadis à Louis XV, se porte comme un charme.

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